La légende dorée des Trente Glorieuses

Exposition demain Paris en mars-avril 1961 au Grand Palais - maquette ensemble scolaire

Exposition demain Paris en mars-avril 1961 au Grand Palais - maquette ensemble scolaire, 1961

Coll. MEDDE, fonds dit MRU

© TERRA

Le premier acte de l’histoire des grands ensembles en France s’ouvre après la Seconde Guerre mondiale. Les quelques expérimentations des années trente se transforment alors en une politique d’État dont ils deviennent les réalisations emblématiques. Il s’agit de reconstruire le parc immobilier détruit durant le conflit, faire face à l’essor démographique et résorber l’habitat insalubre. Associé à l’industrialisation progressive du secteur de la construction, cela aboutit dès les années cinquante à un infléchissement vers le collectif et l’édification des grands ensembles. Cette orientation est ainsi issue de considérations à la fois économiques et techniques, mais aussi largement influencée par la politique urbanistique mise en place sous la houlette d’Eugène Claudius-Petit à partir de 1948.  Les grands ensembles deviennent les icônes incontournables « d’une modernisation triomphante » durant les Trente Glorieuses et font d’emblée l’objet d’une politique visuelle spécifique. Les images sont largement diffusées auprès du public : expositions et camions cinémas portent la bonne nouvelle à travers le territoire.

Vue d'ensemble de la Grande Borne

Vue d'ensemble de la Grande Borne, 1970

Coll. MEDDE, fonds dit MRU

© TERRA

Enfants jouant sur une scultpture devant un immeuble HLM rue des Tournelles

Enfants jouant sur une scultpture devant un immeuble HLM rue des Tournelles, 1961

Coll. MEDDE, fonds dit MRU

© TERRA

Les clichés au sol soulignent la pureté des lignes et le gigantisme des dimensions quand les vues aériennes des plans masse aux dimensions inédites soutiennent l’idée de la puissance retrouvée du pays. Les vues d’en haut, principalement obliques, permettent de saisir dans leur totalité ces projets architecturaux en offrant une apparente lisibilité pour un public non averti. Ils sont présentés comme l’anticipation en actes d’une ville pensée et prévue pour l’homme, cités idéales où l’on retrouve l’importance accordée au soleil, à l’espace et à la verdure, chers au credo moderniste. Symboles de la promesse d’un nouveau monde, les grands ensembles sont peuplés d’enfants profitant des espaces de loisirs nouvellement aménagés dans ces « cités radieuses ».